MaPrimeRénov Bailleur Paris 2026 : Le Guide pour Sortir du Gel de Loyer (DPE F & G)

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4.13.2026
maprime renov

Depuis le 1er janvier 2025, un propriétaire bailleur parisien dont le logement affiche un DPE classé G ne peut plus signer de nouveau bail. Son loyer est gelé depuis août 2022. À compter du 1er janvier 2028, les logements classés F subiront la même interdiction de mise en location. Pour des milliers de bailleurs à Paris — l'Observatoire des DPE de l'ADEME estime que 15 à 18 % du parc locatif privé de la capitale reste classé F ou G — la situation représente un enjeu majeur de rentabilité locative et de gestion locative sereine. Un appartement haussmannien de 50 m² dans le 16ème arrondissement en DPE F, loué 1 100 € depuis 2021, voit son loyer figé indéfiniment. Chaque année sans travaux, c'est une revalorisation perdue et, bientôt, l'impossibilité de relouer.

Ce guide détaille les aides mobilisables en 2026 — MaPrimeRénov bailleur en tête — et la marche à suivre pour sortir un logement locatif parisien du statut de passoire thermique et sécuriser votre investissement.

1. Passoire thermique à Paris : quels bailleurs sont concernés ?

À Paris, les bailleurs de logements classés G sont interdits de location depuis 2025, et ceux classés F le seront en 2028. Tous subissent déjà un gel de loyer. Le bâti ancien parisien, notamment haussmannien, rend ces propriétaires particulièrement vulnérables à la loi Climat et Résilience, impactant directement leur gestion locative.

Le calendrier d'interdiction de location issu de la loi Climat et Résilience (août 2021) vise les logements dont la consommation dépasse 420 kWh/m²/an en énergie finale (classe G) depuis le 1er janvier 2025, puis 330 kWh/m²/an (classe F) à partir du 1er janvier 2028.

À Paris, le bâti ancien amplifie le problème. Immeubles haussmanniens, combles non isolés, fenêtres simple vitrage classées : les contraintes patrimoniales rendent certains postes de travaux complexes.

> Attention — Le gel du loyer frappe tous les DPE F et G, y compris les logements encore autorisés à la location jusqu'en 2028. Un bailleur qui détient un F aujourd'hui subit déjà le gel, même s'il peut encore relouer.

Trois profils de bailleurs se distinguent :

SituationContrainte immédiateÉchéance critique
DPE G, bail en coursLoyer gelé, renouvellement interdit depuis 01/2025Dès le départ du locataire : relocation impossible
DPE F, bail en coursLoyer gelé depuis 08/202201/2028 : interdiction de relocation
DPE E, bail en coursLoyer encadré mais pas gelé01/2034 : interdiction de relocation

Un propriétaire en DPE G avec un locataire en place conserve le bail, mais ne pourra ni augmenter le loyer ni relouer au départ du locataire. Le risque financier est donc progressif, pas soudain.

2. Gel du loyer DPE F/G : l'impact financier pour un bailleur à Paris

Le gel des loyers pour les DPE F et G à Paris, en vigueur depuis 2022, bloque toute révision annuelle (IRL) et réévaluation du loyer à la relocation. Pour un propriétaire bailleur, cela représente une perte de rentabilité directe et croissante, pouvant dépasser 1 400 € par an. Seuls des travaux de rénovation énergétique permettent de débloquer la situation.

Depuis le 24 août 2022, la loi Pouvoir d'achat a instauré l'interdiction de réviser le loyer — y compris par l'IRL — pour tout logement classé F ou G.

Concrètement, cela signifie :

  • Aucune révision annuelle par l'indice de référence des loyers.
  • Aucun complément de loyer applicable lors d'une relocation.
  • Aucune réévaluation à la hausse lors du renouvellement du bail.
  • Le manque à gagner est loin d'être théorique. Sur un loyer de 1 200 € gelé depuis août 2022, avec une inflation cumulée de l'IRL que l'on peut estimer à environ 10 % sur la période 2022-2026, la perte représente déjà 120 € par mois, soit 1 440 € par an. Et ce montant croît chaque année.

    La seule manière de débloquer la situation est d'obtenir un nouveau DPE classé E ou mieux, réalisé après les travaux de rénovation énergétique.

    3. MaPrimeRénov bailleur à Paris : montants et conditions 2026

    MaPrimeRénov bailleur est la principale aide de l'État pour financer la rénovation énergétique d'un logement locatif à Paris. En 2026, elle se concentre sur les rénovations d'ampleur, exigeant un saut d'au moins deux classes DPE et l'intervention d'un Accompagnateur Rénov'. Les subventions peuvent couvrir jusqu'à 65% des travaux.

    MaPrimeRénov est le principal dispositif d'aide pour les propriétaires bailleurs. Depuis 2024, il privilégie les rénovations d'ampleur (parcours accompagné) plutôt que les gestes isolés. Voici les règles applicables en 2026.

    Conditions d'éligibilité

    • Le logement doit être construit depuis au moins 15 ans.
    • Il doit être loué à titre de résidence principale.
    • Le bailleur s'engage à louer le bien pendant 6 ans minimum après travaux.
    • Un audit énergétique préalable est obligatoire.
    • Les travaux doivent permettre un saut d'au moins 2 classes DPE.
    • Un Accompagnateur Rénov' agréé par l'Anah doit suivre le dossier.

    Barème indicatif pour une rénovation d'ampleur (2025-2026)

    Les montants varient selon les revenus du bailleur et l'ampleur du saut de classe :

    Saut de classesPrise en charge (% du coût HT plafonné)Plafond de travaux HT
    2 classes30 % à 50 % selon revenus40 000 €
    3 classes35 % à 55 % selon revenus55 000 €
    4 classes ou plus35 % à 65 % selon revenus70 000 €

    Source : Anah, barème MaPrimeRénov Rénovation d'ampleur 2025. Le barème 2026 sera confirmé en loi de finances.

    Un bonus « sortie de passoire thermique » de 10 % s'ajoute lorsque le logement quitte la classe F ou G. Pour un bailleur parisien avec un appartement classé G passant en D, sur un chantier à 50 000 € HT, l'aide peut ainsi atteindre 25 000 à 35 000 €.

    > Point de vigilance — Le parcours « geste par geste » est désormais très restreint pour les passoires thermiques. L'Anah oriente systématiquement vers la rénovation d'ampleur.

    > 🔗 Pour aller plus loin > - DPE collectif en copropriété — Comprendre l'impact du DPE de l'immeuble. > - Fiscalité de la location meublée (LMNP) — Optimisez vos revenus en location meublée. > - Réduire les charges de copropriété — Des astuces pour maîtriser les dépenses de l'immeuble.

    4. Cumuler les aides : au-delà de MaPrimeRénov pour votre bien locatif

    Pour financer la rénovation de votre bien locatif à Paris, il est essentiel de cumuler les aides. Au-delà de MaPrimeRénov, vous pouvez mobiliser l'éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) pour le reste à charge, les CEE, et surtout optimiser votre fiscalité via le déficit foncier, qui est un levier puissant pour les bailleurs au régime réel.

    MaPrimeRénov ne couvre jamais 100 % du coût. Plusieurs dispositifs se cumulent pour optimiser votre plan de financement.

    • Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) : Versés par les fournisseurs d'énergie, ils sont désormais intégrés au financement MaPrimeRénov pour les rénovations d'ampleur. L'Accompagnateur Rénov' gère cette articulation.
    • Éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) : Jusqu'à 50 000 € sur 20 ans, sans intérêts. C'est le levier idéal pour financer le reste à charge sans toucher à votre trésorerie.
    • Aides de la Ville de Paris : Le programme « Éco-rénovons Paris+ » propose des subventions complémentaires pour les copropriétés. Renseignez-vous auprès de l'Agence Parisienne du Climat.
    • Déduction des travaux sur les revenus fonciers : Au régime réel, les dépenses d'amélioration sont déductibles. Si les travaux génèrent un déficit foncier, celui-ci est imputable sur le revenu global jusqu'à 21 400 € par an pour les travaux de rénovation énergétique dans les passoires thermiques (dispositif prolongé jusqu'en 2025, à vérifier pour 2026).

    En cumulant MaPrimeRénov, éco-PTZ et déficit foncier, le reste à charge réel peut descendre à 15-25 % du coût total.

    5. Plan d'action : rénover votre logement locatif à Paris étape par étape

    Pour rénover un logement locatif à Paris et bénéficier des aides, suivez un plan précis : 1. Réalisez un audit énergétique. 2. Vérifiez les règles de copropriété. 3. Mandatez un Accompagnateur Rénov'. 4. Montez votre plan de financement avant de signer les devis. 5. Réalisez les travaux et obtenez le nouveau DPE.

    Une approche structurée est indispensable pour accéder aux aides et garantir le gain de performance énergétique. Voici la séquence recommandée :

    Étape 1 — Audit énergétique réglementaire (coût : 800 à 1 500 €). Ce document est la clé d'entrée pour toute demande MaPrimeRénov.

    Étape 2 — Vérifier les contraintes de copropriété. À Paris, l'isolation par l'extérieur ou le remplacement des fenêtres nécessitent un vote en AG. Anticipez de 6 à 12 mois.

    Étape 3 — Contacter un Accompagnateur Rénov' agréé. Obligatoire pour le parcours d'ampleur, il vous aidera à monter le dossier. La liste est disponible sur france-renov.gouv.fr.

    Étape 4 — Monter le plan de financement avant de signer tout devis. L'ordre est crucial : MaPrimeRénov + CEE → éco-PTZ → déficit foncier.

    Étape 5 — Réaliser les travaux, puis obtenir un nouveau DPE attestant de la sortie du statut de passoire thermique.

    > ⚠️ Piège fréquent à Paris : des travaux en parties privatives peuvent être insuffisants si les ponts thermiques des parties communes ne sont pas traités. L'audit doit couvrir l'ensemble du bâti.

    6. Après travaux : quel gain de loyer et quelle rentabilité espérer ?

    Après rénovation et l'obtention d'un DPE classé E ou mieux, le loyer de votre bien à Paris est débloqué. Vous pouvez de nouveau appliquer la révision annuelle IRL et relouer au prix du marché (dans le respect de l'encadrement des loyers). Le retour sur investissement, couplé à la valorisation du bien, se situe souvent entre 6 et 9 ans.

    Une fois le nouveau DPE en classe E (ou mieux) obtenu, le loyer est « débloqué ».

    • Reprise de la révision annuelle : Le loyer peut à nouveau être indexé sur l'IRL.
    • Relocation au prix du marché encadré : À Paris, le loyer reste encadré, mais un logement rénové peut plus facilement justifier un complément de loyer.

    Exemple concret : Un 45 m² dans le 11ème arrondissement, classé G, loué 950 € (loyer gelé).

    • Coût total des travaux : 35 000 € HT
    • MaPrimeRénov + CEE (saut de 3 classes → D) : – 20 500 €
    • Reste à charge avant éco-PTZ : 14 500 €
    • Déduction fiscale (TMI 30 %) : économie d'impôt d'environ 4 350 €
    • Reste à charge net : environ 10 150 €

    Après travaux, le loyer révisable et la possibilité de relouer au prix du marché (estimé à 1 050-1 100 €) génèrent un gain annuel de 1 200 à 1 800 €. Le retour sur investissement se situe entre 6 et 9 ans, sans compter la valorisation patrimoniale du bien.

    7. FAQ : MaPrimeRénov pour les propriétaires bailleurs à Paris

    Retrouvez les réponses aux questions fréquentes des propriétaires bailleurs parisiens sur le dispositif MaPrimeRénov : éligibilité des SCI, gestion du locataire pendant les travaux, cumul avec le déficit foncier, délais d'obtention de l'aide, et spécificités liées à la copropriété.

    Un bailleur en SCI peut-il bénéficier de MaPrimeRénov ? Oui, depuis 2024, les SCI non soumises à l'IS et dont les associés sont des personnes physiques sont éligibles.

    Le locataire peut-il refuser les travaux ? Non, il ne peut s'opposer à des travaux d'amélioration énergétique (loi du 6 juillet 1989), mais doit être prévenu. Si les travaux durent plus de 21 jours, il peut demander une réduction de loyer.

    Peut-on cumuler MaPrimeRénov et le déficit foncier ? Oui, mais uniquement sur la part restant à votre charge. Le montant de la prime est déduit de la base de calcul du déficit foncier.

    Quel est le délai moyen pour obtenir MaPrimeRénov en 2026 ? Compter 2 à 4 mois entre le dépôt du dossier complet et l'accord de financement. Ne commencez pas les travaux avant cet accord.

    Mon logement est en copropriété. Puis-je agir seul ? Pour les travaux en parties privatives (isolation intérieure, VMC), oui. Pour les parties communes (ravalement, fenêtres sur rue), un vote en AG est nécessaire via le dispositif MaPrimeRénov Copropriété.

    Le DPE collectif de la copropriété suffit-il ? Non. Pour débloquer le loyer, seul le DPE individuel du logement fait foi.

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    La rénovation énergétique d'un logement locatif parisien classé F ou G n'est plus une option : c'est une condition légale pour continuer à louer et une nécessité pour protéger la rentabilité de votre bien. Les aides disponibles en 2026, MaPrimeRénov bailleur en tête, couvrent une part significative du coût. Un projet bien structuré, idéalement piloté par un administrateur de biens expérimenté, est la clé du succès.

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