Procédure d'Expulsion Locataire à Paris (2026) : Le Guide Complet

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4.13.2026
expulsion locataire paris

« Mon locataire ne paie plus depuis trois mois, combien de temps avant de récupérer mon logement ? »

C'est la question que posent en priorité les propriétaires bailleurs parisiens confrontés à des loyers impayés, que leur bien soit dans le 11ème ou le 18ème arrondissement. La réponse est rarement celle qu'ils espèrent : à Paris, entre le premier impayé et la libération effective du logement, il faut compter 12 à 24 mois dans la majorité des cas — parfois davantage si la trêve hivernale s'intercale ou si le locataire obtient des délais du juge.

Ce guide détaille chaque étape de la procédure d'expulsion à Paris, les délais réels constatés devant le tribunal judiciaire, et surtout les leviers concrets pour sécuriser votre gestion locative. Que le bien soit géré en direct ou via un administrateur de biens, chaque propriétaire y trouvera une feuille de route claire pour 2026.

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1. Impayé de loyer vs squatter : quelle procédure d'expulsion à Paris ?

À Paris, la procédure d'expulsion diffère radicalement. Pour un locataire avec bail, une procédure judiciaire de 12 à 24 mois est nécessaire. Pour un squatter (occupant sans titre), une procédure administrative accélérée via le préfet permet une évacuation en quelques semaines, sans application de la trêve hivernale.

Avant toute démarche, une distinction fondamentale s'impose : la procédure n'est pas la même selon que l'occupant est un locataire en impayé (titulaire d'un bail) ou un squatter (occupant sans droit ni titre).

Locataire en impayé de loyer

Le locataire bénéficie d'un bail et donc de la protection légale attachée à ce contrat. La procédure passe obligatoirement par :

  • Un commandement de payer délivré par commissaire de justice (ex-huissier)
  • La saisine du tribunal judiciaire si le commandement reste infructueux
  • Un jugement d'expulsion
  • Un commandement de quitter les lieux, puis le cas échéant le concours de la force publique
  • Aucun raccourci n'est légal. Changer les serrures, couper l'eau ou l'électricité, ou menacer le locataire constitue un délit d'expulsion illégale, passible de 3 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende (article 226-4-2 du Code pénal).

    Squatter (occupation illicite)

    Depuis la loi du 27 juillet 2023 (dite « loi anti-squat »), la procédure a été considérablement accélérée pour les propriétaires victimes de squat :

    • Dépôt de plainte pour violation de domicile
    • Demande d'évacuation au préfet (décision sous 48 heures après mise en demeure)
    • Mise en demeure de quitter les lieux sous 24 heures
    • Évacuation forcée par les forces de l'ordre si nécessaire
    CritèreLocataire en impayéSquatter
    Base juridiqueBail en coursAucun titre
    Durée moyenne à Paris12 à 24 moisQuelques jours à quelques semaines
    Passage obligatoire au tribunalOuiNon (procédure administrative)
    Trêve hivernale applicableOui (sauf exceptions)Non depuis 2023
    Coût estimé pour le propriétaire2 500 à 5 000 € (frais de justice)Frais de plainte + serrurier

    La suite de cet article se concentre sur le cas le plus fréquent et le plus long : l'expulsion d'un locataire pour impayés de loyer à Paris.

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    2. Le commandement de payer : l'acte de départ (délai de 2 mois)

    Le commandement de payer est l'acte de commissaire de justice qui lance officiellement la procédure d'expulsion pour loyers impayés à Paris. Il donne au locataire un délai de 2 mois pour régler sa dette. Sans cet acte, aucune action en justice ne peut être engagée par le propriétaire bailleur.

    Quand le délivrer ?

    La loi ne fixe aucun délai minimum d'impayé avant de pouvoir agir. En pratique, la plupart des professionnels de la gestion locative recommandent d'agir dès le deuxième mois d'impayé. Attendre davantage, c'est laisser la dette se creuser et réduire les chances de recouvrement.

    > À retenir : Le bailleur ou son mandataire a l'obligation légale de signaler tout impayé de loyer à la CAF dans un délai de 2 mois (article L. 824-2 du Code de la construction). Ce signalement conditionne le maintien de l'APL versée en tiers payant.

    Que contient le commandement de payer ?

    L'acte, délivré par un commissaire de justice (ex-huissier), doit mentionner :

    • Le décompte précis des sommes dues (loyers, charges, pénalités)
    • La clause résolutoire du bail (si elle existe — elle figure dans la quasi-totalité des baux standards)
    • Le délai de 2 mois laissé au locataire pour régler sa dette
    • L'information sur le droit de saisir le Fonds de solidarité pour le logement (FSL) de Paris

    Ce dernier point est crucial : un commandement omettant la mention du FSL peut être annulé par le juge.

    Que se passe-t-il pendant ces 2 mois ?

    Trois scénarios possibles :

    Le locataire paie intégralement. La clause résolutoire ne joue pas, le bail se poursuit normalement. Le propriétaire reste toutefois dans son droit de refuser un plan d'apurement partiel à ce stade.

    Le locataire paie partiellement ou propose un échéancier. Le commandement reste valable. Accepter un paiement partiel ne vaut pas renonciation à la procédure, à condition de le formaliser par écrit.

    Le locataire ne paie pas et ne se manifeste pas. À l'expiration du délai de 2 mois, la clause résolutoire est acquise de plein droit : le bail est théoriquement résilié. Mais cette résiliation doit être constatée par un juge pour produire ses effets.

    Coût moyen d'un commandement de payer à Paris : 250 à 350 € (frais de commissaire de justice).

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    > 📚 Sur le même sujet > - Impayés de charges en copropriété — Découvrez la procédure de recouvrement pour les syndics. > - Protection contre les loyers impayés — Tout savoir sur l'assurance et la garantie GLI. > - Notre service de gestion locative — Confiez-nous la gestion de votre bien pour plus de sérénité.

    3. La saisine du tribunal judiciaire de Paris

    Après un commandement de payer infructueux, le propriétaire doit saisir le tribunal judiciaire de Paris. La procédure en référé est la plus courante pour constater la résiliation du bail. Le juge peut alors ordonner l'expulsion ou accorder des délais de paiement au locataire, suspendant temporairement la procédure.

    Si le locataire n'a pas régularisé sa situation à l'issue des deux mois, l'étape suivante est la saisine du tribunal judiciaire de Paris (parvis du Tribunal de Paris, Porte de Clichy, 75017).

    Assignation en référé ou au fond ?

    Deux voies procédurales existent :

    • Le référé : procédure rapide, adaptée quand le bail contient une clause résolutoire et que l'impayé est incontestable. C'est la voie privilégiée dans 80 % des cas d'expulsion pour impayés à Paris.
    • L'audience au fond : nécessaire si la clause résolutoire est absente, si le locataire conteste la dette, ou si la situation est juridiquement complexe.

    L'assignation doit être signifiée au locataire au moins 6 semaines avant l'audience. Elle doit aussi être notifiée à la préfecture de Paris (via la DRIHL — Direction régionale et interdépartementale de l'hébergement et du logement), qui pourra proposer un diagnostic social.

    Devant le juge : quelles décisions possibles ?

    Le juge n'est pas un simple tampon. Même en présence d'une clause résolutoire acquise, il dispose d'un pouvoir d'appréciation important :

    • Constater la résiliation du bail et ordonner l'expulsion
    • Accorder des délais de paiement au locataire (jusqu'à 3 ans selon l'article 1343-5 du Code civil), ce qui suspend la clause résolutoire
    • Suspendre les effets de la clause résolutoire si le locataire a repris les paiements ou démontre sa bonne foi

    Ce que peu de propriétaires savent : à Paris, les juges accordent des délais de paiement dans près d'un dossier sur trois, selon les données publiées par l'ADIL 75. Un locataire qui se présente à l'audience avec un début de plan d'apurement, une attestation de la CAF ou un dossier FSL en cours a de réelles chances d'obtenir un sursis.

    > ⚠️ Attention : Si le juge accorde des délais et que le locataire respecte l'échéancier, le bail reprend ses effets. Si le locataire ne respecte pas l'échéancier, le propriétaire devra faire constater la caducité des délais — ce qui rallonge encore la procédure de plusieurs semaines.

    Le jugement d'expulsion

    Une fois le jugement rendu et l'expulsion ordonnée, le propriétaire doit encore :

  • Faire signifier le jugement au locataire par commissaire de justice
  • Attendre l'expiration du délai de recours (15 jours pour une ordonnance de référé)
  • Délivrer un commandement de quitter les lieux avec un délai de 2 mois (ce délai peut être réduit ou supprimé par le juge dans certains cas)
  • Chaque étape a son propre délai incompressible. C'est l'accumulation de ces délais qui explique la lenteur globale.

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    4. La trêve hivernale à Paris (1er novembre - 31 mars)

    La trêve hivernale à Paris, du 1er novembre au 31 mars, interdit l'exécution physique de l'expulsion d'un locataire de sa résidence principale. Bien que le jugement ne puisse être exécuté, toutes les autres étapes de la procédure (commandement de payer, audience) peuvent se poursuivre durant cette période.

    Ce que la trêve bloque (et ce qu'elle ne bloque pas)

    Uniquement l'exécution physique de l'expulsion (intervention du commissaire de justice et/ou de la force publique pour faire sortir l'occupant). Toutes les autres étapes procédurales restent possibles pendant la trêve :

    • Délivrer un commandement de payer
    • Assigner devant le tribunal
    • Obtenir un jugement d'expulsion
    • Signifier le jugement
    • Délivrer un commandement de quitter les lieux

    Un propriétaire avisé lance donc la procédure pendant la trêve pour être prêt à agir dès le 1er avril.

    Les exceptions à la trêve hivernale

    Depuis la loi ELAN (2018) puis la loi anti-squat (2023), certaines situations échappent à la trêve :

    • Squatteurs (occupation illicite sans bail)
    • Locataires dont le relogement est assuré dans des conditions « suffisantes respectant l'unité et les besoins de la famille »
    • Époux dont l'expulsion a été ordonnée par le juge aux affaires familiales dans le cadre de violences conjugales

    Attention : un locataire en impayé, même de mauvaise foi caractérisée, bénéficie de la trêve hivernale. Le juge ne peut pas y déroger.

    L'impact concret sur le calendrier

    Prenons un cas concret. Un propriétaire obtient un jugement d'expulsion le 15 octobre. Après signification et délai de commandement de quitter les lieux (2 mois), l'expulsion pourrait théoriquement avoir lieu mi-décembre. Mais la trêve hivernale la repousse au 1er avril — soit plus de 5 mois d'attente supplémentaires qui pèsent sur les revenus fonciers.

    C'est pourquoi le timing de lancement de la procédure est stratégique. Idéalement, l'ensemble des étapes judiciaires devrait aboutir avant le 1er septembre pour espérer une exécution avant le 1er novembre.

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    5. Délais réels d'une expulsion à Paris : le calendrier détaillé

    Les délais réels pour expulser un locataire à Paris sont de 12 à 24 mois. Cet allongement s'explique par l'engorgement du tribunal judiciaire et les délais pour obtenir le concours de la force publique de la préfecture, qui peuvent ajouter 2 à 6 mois à la procédure théorique.

    Voici un calendrier réaliste d'une procédure d'expulsion pour impayés à Paris, sans aléa particulier :

    ÉtapeDélai théoriqueDélai réel constaté à Paris
    Premier impayé → commandement de payerImmédiat (en pratique 1-2 mois)1 à 3 mois
    Commandement de payer → fin du délai de 2 mois2 mois2 mois
    Fin du délai → obtention d'une date d'audience1 à 2 mois2 à 5 mois (engorgement du TJ Paris)
    Audience → jugement renduJour même à 2 semaines2 à 6 semaines
    Signification du jugement + délai de recours1 à 2 mois1 à 2 mois
    Commandement de quitter les lieux2 mois2 mois
    Demande de concours de la force publique2 mois (délai légal)2 à 6 mois
    Total estimé8-10 mois12 à 24 mois

    Le goulot d'étranglement principal est double : l'engorgement du tribunal judiciaire de Paris, qui traite un volume considérable d'affaires locatives, et le délai d'obtention du concours de la force publique auprès de la préfecture.

    Le concours de la force publique : l'étape finale

    Si le locataire refuse de partir après le commandement de quitter les lieux, le commissaire de justice dresse un procès-verbal de tentative d'expulsion infructueuse. Le propriétaire doit alors demander le concours de la force publique au préfet de Paris.

    Le préfet dispose d'un délai légal de 2 mois pour répondre. Passé ce délai, en cas de refus explicite ou implicite, l'État engage sa responsabilité et le propriétaire peut demander une indemnisation au tribunal administratif pour le préjudice subi (loyers perdus, frais de procédure).

    Selon les chiffres publiés par la DRIHL Île-de-France, le nombre de demandes de concours de la force publique à Paris dépasse chaque année la capacité de traitement. Les délais effectifs oscillent entre 3 et 6 mois après la demande.

    > Ce que les chiffres ne disent pas : selon une estimation des professionnels du secteur, dans environ 60 % des cas à Paris, le locataire finit par quitter les lieux avant l'intervention effective de la force publique — soit après le commandement de quitter, soit à la réception de la convocation du commissaire de justice. La pression procédurale suffit souvent, mais il faut avoir la rigueur de mener chaque étape à terme.

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    6. La Garantie Loyers Impayés (GLI) : votre bouclier financier

    La Garantie Loyers Impayés (GLI) est une assurance essentielle pour tout propriétaire bailleur à Paris. Elle couvre les loyers non perçus pendant la procédure d'expulsion et prend en charge les frais de justice. C'est le meilleur moyen de sécuriser ses revenus fonciers face au risque d'impayé.

    Ce que couvre une GLI standard

    • Indemnisation des loyers impayés dès le premier mois d'impayé (après un délai de carence variable selon les contrats, souvent 0 à 3 mois)
    • Prise en charge des frais de procédure : commissaire de justice, assignation, avocat
    • Protection juridique : gestion du dossier contentieux par les services de l'assureur
    • Couverture des dégradations locatives (selon le contrat, plafonnée entre 5 000 et 15 000 €)

    Ce que la GLI ne fait pas

    La GLI ne raccourcit pas les délais judiciaires. Un propriétaire assuré attend aussi longtemps qu'un propriétaire non assuré pour obtenir un jugement et l'exécution de l'expulsion. La différence : il perçoit ses loyers pendant toute la durée de la procédure (dans la limite du plafond contractuel, souvent 70 000 à 100 000 €).

    Autre nuance : la GLI ne fonctionne que si le locataire a été sélectionné selon les critères d'éligibilité définis par l'assureur au moment de la souscription. Un locataire dont le dossier n'a pas été validé en amont ne sera pas couvert.

    Combien coûte une GLI à Paris ?

    Les tarifs varient selon les assureurs et le niveau de couverture :

    • Contrat individuel (souscrit directement par le bailleur) : 2,5 % à 4 % du loyer charges comprises
    • Contrat groupe (via un administrateur de biens) : souvent 2 % à 3,5 % grâce à la mutualisation

    À Paris, pour un loyer de 1 200 € charges comprises, une GLI représente entre 30 et 48 € par mois. Face à un risque d'impayé de 12 à 24 mois (soit 14 400 à 28 800 € de perte potentielle), le calcul économique penche fortement en faveur de l'assurance.

    > Point de vigilance : Lire attentivement les conditions de déchéance de garantie. Certains contrats excluent la couverture si le bailleur n'a pas déclaré l'impayé dans un délai précis (souvent 30 à 60 jours) ou n'a pas respecté la procédure de mise en recouvrement prévue par l'assureur.

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    7. Prévention : comment éviter la procédure d'expulsion

    Pour éviter une expulsion, la prévention est clé : une sélection rigoureuse du locataire, la souscription d'une GLI, et une réaction rapide dès le premier impayé. Proposer un plan d'apurement et orienter le locataire vers les aides sociales peut aussi désamorcer le conflit.

    Sélection rigoureuse du locataire

    C'est le rempart numéro un. Les critères objectifs à vérifier :

    • Revenus nets ≥ 3 fois le loyer charges comprises (seuil communément admis par les assureurs GLI et la pratique professionnelle)
    • Stabilité professionnelle : CDI hors période d'essai, fonctionnaire, profession libérale avec bilans
    • Historique locatif : quittances des 3 derniers mois, attestation de l'ancien bailleur
    • Cohérence du dossier : vérifier les fiches de paie via le service de vérification DossierFacile (service public gratuit)

    Réagir dès le premier impayé

    Attendre « pour voir » est la pire stratégie. Un appel téléphonique au locataire dès le 5e jour de retard permet souvent de désamorcer la situation. À défaut de réponse satisfaisante, une relance écrite (lettre recommandée) dans les 15 jours suivants pose le cadre.

    Si le deuxième loyer reste impayé, le commandement de payer doit être envisagé sans attendre.

    Proposer un protocole d'accord (plan d'apurement)

    Avant la saisine du tribunal, propriétaire et locataire peuvent formaliser un protocole d'accord — un échéancier de remboursement signé par les deux parties. Ce document a une valeur juridique.

    Pour qu'il soit efficace, le protocole doit prévoir :

    • Des mensualités réalistes (le locataire doit pouvoir payer le loyer courant plus une fraction de la dette)
    • Une clause de déchéance du terme en cas de non-respect d'une seule échéance
    • La mention que la dette reste exigible en totalité en cas de défaillance

    Orienter le locataire vers les aides sociales

    Un locataire qui ne paie plus n'est pas toujours de mauvaise foi. Perte d'emploi, accident de vie, séparation : les causes sont multiples. Paris dispose d'un réseau d'aides mobilisables :

    • FSL de Paris (Fonds de solidarité pour le logement) : aides au paiement des dettes locatives
    • CAF : vérification des droits APL et réexamen en cas de changement de situation
    • Action Logement : aide « Aide Mobili-Pass » et garantie Visale pour certains profils
    • CCAPEX (Commission de coordination des actions de prévention des expulsions) : dispositif départemental de médiation

    Orienter un locataire vers ces dispositifs, ce n'est pas lui faire un cadeau — c'est protéger ses propres intérêts de bailleur. Un locataire aidé financièrement reprend ses paiements plus vite qu'un locataire livré à lui-même.

    Checklist prévention des impayés — actions immédiates

    • [ ] Vérifier l'éligibilité du locataire à une GLI avant la signature du bail
    • [ ] Insérer une clause résolutoire dans le bail (présente dans les baux types, mais vérifier)
    • [ ] Mettre en place le prélèvement automatique du loyer
    • [ ] Conserver une copie à jour des coordonnées du garant (si caution personne physique)
    • [ ] Signaler tout impayé à la CAF dans le délai légal de 2 mois
    • [ ] Relancer par écrit dès le 10e jour de retard de paiement

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    8. Questions fréquentes sur l'expulsion locative à Paris

    Un propriétaire peut-il expulser lui-même son locataire ?

    Non. Toute expulsion doit passer par une décision de justice, puis par un commissaire de justice (voire la force publique). L'expulsion « de fait » (changement de serrures, coupure des fluides, intimidation) est un délit pénal puni de 3 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende (article 226-4-2 du Code pénal).

    Combien coûte une procédure d'expulsion à Paris ?

    En l'absence de GLI, le propriétaire supporte l'ensemble des frais : commandement de payer (250-350 €), assignation (300-500 €), honoraires d'avocat (1 500 à 3 000 € pour un référé), frais de commissaire de justice pour l'exécution (400-800 €). Total estimé : 2 500 à 5 000 €, hors perte de loyers.

    Le locataire peut-il contester l'expulsion ?

    Oui, à plusieurs stades. Il peut demander des délais de paiement devant le juge (jusqu'à 3 ans). Il peut aussi faire appel du jugement d'expulsion, ce qui suspend l'exécution sauf si le juge a assorti sa décision de l'exécution provisoire. À Paris, un appel rallonge la procédure de 6 à 12 mois supplémentaires.

    Quel est le rôle d'une agence de gestion locative dans une procédure d'expulsion ?

    Une agence de gestion locative à Paris, en tant que mandataire du propriétaire, pilote toute la procédure. Elle se charge de la déclaration à la GLI, de la coordination avec le commissaire de justice et l'avocat, et assure le suivi du dossier, libérant le bailleur de ce processus complexe et chronophage.

    La trêve hivernale s'applique-t-elle aux locaux commerciaux ?

    Non. La trêve hivernale ne s'applique qu'aux locaux d'habitation constituant la résidence principale de l'occupant. Les baux commerciaux et professionnels n'en bénéficient pas.

    Que se passe-t-il si la préfecture refuse le concours de la force publique ?

    Le propriétaire peut engager la responsabilité de l'État devant le tribunal administratif de Paris. L'indemnisation couvre les loyers perdus à compter du refus (ou de l'absence de réponse passé le délai de 2 mois). Selon la jurisprudence, le propriétaire doit prouver le montant du préjudice (bail, avis d'imposition, décompte des loyers impayés).

    Un locataire protégé (plus de 65 ans, faibles revenus) peut-il être expulsé ?

    Oui, mais avec une obligation supplémentaire pour le bailleur : celui-ci doit proposer un relogement adapté aux besoins et aux moyens du locataire protégé, dans un périmètre géographique proche. Si le bailleur ne propose pas de solution de relogement, le juge peut refuser l'expulsion. Cette protection s'applique lorsque le locataire a plus de 65 ans et dispose de ressources inférieures aux plafonds PLS.

    Peut-on cumuler une GLI et un garant personne physique ?

    Non. La loi Boutin interdit ce cumul pour les locations nues ou meublées à usage de résidence principale, sauf si le locataire est étudiant ou apprenti.

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    La procédure d'expulsion à Paris est longue, coûteuse et psychologiquement éprouvante. Mieux vaut investir en amont — sélection rigoureuse, GLI, réactivité dès le premier retard — que de se retrouver engagé dans un marathon judiciaire de deux ans. Pour les propriétaires qui souhaitent déléguer la gestion locative et la prévention du risque d'impayé à un professionnel implanté à Paris, des cabinets spécialisés prennent en charge l'ensemble de la chaîne, de la sélection du locataire jusqu'au suivi contentieux.

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